19.02.2012
Tellement de choses à dire...
...sans savoir les organiser...
De dimanche dernier et du repas familial, je retiens surtout cette image de Sara qui arrive en fin de matinée avec un visage fermé et des mains crispées. « Que se passe-t-il ? » s’interroge tout le monde en aparté. Je me pose la même question, en rajoutant in petto un « ...encore... ? » que j’ai vivement regretté par la suite.
Elle nous avoue plus tard, en privé, à ma sœur et à moi, qu’elle angoissait terriblement à l’idée de revenir pour la première fois chez mes parents tout en se disant que la maison ne serait plus jamais la même, sans Elle...
Rosy et moi la prenons maladroitement dans nos bras, en même temps. Nos larmes coulent, hésitantes et un peu effrayées de rompre des barrages élaborés patiemment ces dernières semaines. Je caresse son dos, ma soeur lui remet tendrement une mèche en place. Et là, en cet instant fugitif, trois petites pièces du puzzle s’imbriquent, et un frisson jaillit. A trois, en nous serrant, nous recréons un miracle. Pendant une infime seconde, nous avons été quatre, dans cette étreinte.
Depuis le premier janvier, d’autres personnes ont disparu, au fil du fleuve. Je n’ai plus exactement le même regard sur ces départs, dorénavant. J’attache beaucoup plus d’importance à l’âge de ceux qui s’en vont. Rosy Varte, Sophie Desmarets, étaient de la génération de ma mère. Whitney Houston, elle, avait presque exactement mon âge, à cinq mois près. Je mesure la vacuité de ces réactions instinctives qui me font me dire : « Pourquoi ces actrices ont-elles eu le privilège d’une vie plus longue ? » Moi, je vivrai probablement au-delà de 48 ans. Enfin, je l’espère. Alors, où sont la justice et la logique là-dedans ? Il n’y en a pas, bien évidemment. Ce qui compte, ce n’est pas la durée. C’est ce que l’on a accompli avant, et, qui sait, peut-être ce que l’on fera après.
Certains échos ne s’éteignent jamais.

20:55 Publié dans Les états d'âme de lancelot, Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : whitney houston, famille
23.12.2011
Portrait chinois en chansons
Pour les chansons, ça a été plus facile que pour les livres ou les films.
Afin de ne pas embêter les non-anglicistes, je me suis permis une seule chanson en anglais, sur la question concernant mon moyen de transport préféré. C’est à chaque fois l’une des rubriques qui me donnent le plus de mal ! Ici, les paroles de Bette Midler cadraient vraiment bien, ç’aurait été dommage de m’en priver.
Pour faire un peu comme Plume, qui avait rajouté des détails, la dernière fois (les affiches des films qui la décrivaient en ronde) j’ai inséré pour chacun des titres, les paroles qui me font vibrer un peu plus ces temps-ci.
Ce qui m’amène à la constatation suivante : curieux comme on croit être inaltérable, et puis l’on constate que l’état d’esprit varie d’une semaine à l’autre. Ma liste correspond exactement à ce que je ressens aujourd’hui. Ou, disons, ces jours-ci. Nul doute que si je l’avais faite il y a deux semaines, ou dans un mois, elle aurait été différente. J’ai l’air d’enfoncer une porte ouverte, mais les ‘variations’ internes qui peuvent transparaitre lors de ce style d’exercice me surprennent toujours.
Décris-toi : ‘Quelque chose de Tennessee’ Johnny Halliday
« Cette force qui nous pousse vers l'infini
Y'a peu d'amour avec tellement d'envie
Si peu d'amour avec tellement de bruit
Quelque chose de Tennessee »
Comment te sens-tu : ‘Je bois’ Reggiani
« Je bois...
Aux femmes qui ne m’ont pas aimé
Aux enfants que je n’ai pas eus
Mais à toi qui m’a bien voulu...
Je bois...
A ces maisons que j’ai quittées
Aux amis qui m’ont fait tomber
Mais à toi qui m’as embrassé...
Mais à toi qui m’as embrassé... »
Décris là où tu vis actuellement : ‘Le Sud’ Nino Ferrer
« C'est un endroit qui ressemble à la Louisiane
A l'Italie
Il y a du linge étendu sur la terrasse
Et c'est joli
On dirait le Sud
Le temps dure longtemps
Et la vie sûrement
Plus d'un million d'années
Et toujours en été. »
Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu : ‘So far away from LA, so far ago from Frisco’ Nicolas Peyrac
« Quelques lueurs d'aéroport, l'étrange fille aux cheveux d'or
Dans ma mémoire, traîne encore.
C'est l'hiver à San Francisco mais il ne tombe jamais d'eau
Aux confins du Colorado (...)
So far away from L.A., so far ago from Frisco.
I'm no one but a shadow, but a shadow, a shadow”
Ton moyen de transport préféré : ‘Wind beneath my wings’ Bette Midler
“Did you ever know that you’re my hero ?
You’re everything I wish I could be
I could fly higher than an eagle
But you are the wind beneath my wings”
Ton/ta meilleur(e) ami(e) est : ‘Pour les enfants du monde entier’ Yves Duteil
« Dans vos sommeils de somnifères
Où vous dormez les yeux ouverts
Laissez souffler pour un instant
La magie de vos coeurs d'enfants
Puisque l'on sait de par le monde
Faire la paix pour quelques secondes
Au nom du Père et pour Noël
Que la trêve soit éternelle »
Toi et tes ami(e)s, vous êtes : ‘Les uns contre les autres’ Fabienne Thibault
« On danse les uns avec les autres
On court les uns après les autres
On se déteste, on se déchire
On se détruit, on se désire
Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu'on est toujours tout seul au monde »
Comment est le temps : ‘Couleur menthe à l’eau’ Eddy Mitchell
« Elle était maquillée
Comme une star de ciné,
Accoudée au juke-box la la la la »
(« elle » = la météo ces jours-ci, bien sûr ! Il fait plutôt beau)
Ton moment préféré dans la journée : ‘Il est cinq heures, Paris s’éveille’ Jacques Dutronc
« La tour Eiffel a froid aux pieds
L'Arc de Triomphe est ranimé
Et l'Obélisque est bien dressé
Entre la nuit et la journée »
(Ce que je peux raffoler de ces métaphores ‘matinales’, moi....)
Qu’est-ce que la vie pour toi : ‘La quête’ Jacques Brel
« Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d’une possible fièvre
Partir où personne ne part »
Ta peur : ‘Je suis venu te dire’ Gainsbourg
« Tu te souviens des jours anciens et tu pleures
Tu suffoques, tu blêmis à présent qu'a sonné l'heure
Des adieux à jamais
Oui je suis au regret
De te dire que je m'en vais
Oui je t'aimais, oui, mais- je suis venu te dire que je m'en vais »
Quel est le meilleur conseil que tu as à donner : ‘Inch Allah’ Adamo
« Requiem pour six millions d'âmes qui n'ont pas leur mausolée de marbre
Et qui, malgré le sable infâme, ont fait pousser six millions d'arbres.
Inch' Allah Inch' Allah Inch' Allah Inch' Allah »
Pensée du jour : ‘Si maman si’ France Gall
« Mon cœur est confortable, bien au chaud
Et je lasse passer le vent
Mes envies s’éteignent, je leur tourne le dos
Et je m’endors doucement
Sans chaos ni sentiment
Si, maman, si
Si, maman, si
Maman, si tu voyais ma vie
Je pleure comme je ris
Si, maman, si
Mais mon avenir reste gris
Et mon cœur aussi »
Comment aimerais-tu mourir : ‘Il suffirait de presque rien’ Reggiani
« Il suffirait de presque rien
Pourtant personne tu le sais bien
Ne repasse par sa jeunesse
Ne sois pas stupide et comprends »
La condition actuelle de ton âme : ‘J’ai encore rêvé d’elle‘ Il était une fois
« Si je pouvais me réveiller à ses côtés
Si je savais où la trouver
Donnez-moi l'espoir
Prêtez-moi un soir
Une nuit, juste, pour elle et moi
Et demain matin, elle s'en ira »
09:45 Publié dans Les états d'âme de lancelot, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chansons


