06.12.2011

Le temps qui passe


podcast

 

L’été n’est pas complètement parti.

 

L’automne ne s’est même pas vraiment installé.

 

Et l’hiver, qui y pense, à part le père Noël ? La mère Météo se fiche éperdument des traditions populaires et impose son anarchie souriante, ou sa fureur maussade, c’est selon.

 

On est en « Etomne », ça vous étonne ?

 

En attendant l’Auver, et peut-être même l’Hitemps ?

 

Les matous prennent le soleil, tranquilles comme Baptiste...

 

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Le bébé bougainvillée continue à fleurir, fièrement, par-ci par-là. Un peu comme si certaines branches disaient : « Chiche ! Il fait trop bon ! J’ose ? ». Naissance tardive.

 

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Certains arbres ont même l’air de chanter victoire : « Y a d’la joie... »

 

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Notre mûrier platane offre simultanément les variations des trois saisons. Avec une nette préférence pour l’été. Vert, vert, vert. Il cache ses feuilles jaunes (et encore mieux les brunes) dans son épaisseur, coquet comme une vieille fille qui traquerait ses cheveux blancs.

 

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On tombe aussi sur des choses tristes : même pas en avance pour cette année, le pauvre, il a dû passer des mois et des mois ici, dans l’indifférence totale. Utilisé, glorifié, jeté, oublié. Mort trop précoce.

 

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Dimanche dernier, visite au petit village de Montpezat, à 150 mètres d’altitude, dans la vallée du Vidourle, à mi-chemin entre les Cévennes et la Méditerranée.

 

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Là aussi, le mouvement rappelle celui des saisons. Monter, descendre. Regarder mourir le soleil, en se disant que cela ressemble tellement à une naissance. La joie en moins, le vague à l’âme en plus. Mais se sentir pris dans le lent glissement des choses, auquel rien ni personne n’échappe. Rien ni personne.

 

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12.11.2011

Début de week-end d'un Vieux Ronchon

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Question météo, ça ne s’arrange pas. Quand on voit ce style de dessin apparaître sur l’écran en fin de journal télévisé, on sait que c’est foutu. C'est la faute aux entrées maritimes et au vent "d'autant" comme ils disent, que je maudis à chaque fois, en me disant que question soleil, ça va être 'Autant en emporte le Vent', rions un peu. Ce qu’il y a de plus marrant, même, c’est que ça fait deux semaines que cela dure. Attendez, il y a encore plus rigolo : la carte de la semaine qui s’annonce est rigoureusement identique.

 

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Jeudi soir, 17h45 : tout content de ce long week-end en compagnie de mon TiNours, qui s’annonce, je quitte le lycée de très bonne humeur, d’un guilleret coup d’accélérateur. Quand j’arrive à la maison, elle est silencieuse et sombre, sauf l’indicateur lumineux du répondeur qui clignote. AH ! Mauvais signe, ça. Cela signifie en général que le train n’est pas passé à Montpellier et que je dois aller chercher mon z’hom à l’arrêt du tram. Mais là, c’est une nouvelle voix qui jaillit du haut-parleur : « Allô, Lancelot ? c’est Arthur, ton collègue du lycée de Camaalot ! Tu es parti en emportant mon cartable, qui ressemble beaucoup au tien, en effet. Pourrais-tu me le rapporter ? » Zut. Je rappelle Arthur en catastrophe, bredouille des excuses confuses, me re-précipite au château, pour lui remettre son Graal. Je réitère mes excuses, mais il est cool et il a pris ça avec bonne humeur, heureusement.

Ca m’était déjà arrivé, ces histoires de permutation de cartables. En arrivant à la maison, j’ai fait ni une ni deux : je lui ai accroché un signe distinctif, à mon Graal de travail. Pas un ruban rouge à la poignée, non. Juste une bande de ruban adhésif gris. Plus personne ne pourra confondre. Ni moi ni les autres.

 

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51PYPEKP1CL__SL500_AA240_.jpgLe soir, je propose un film à TiNours. Un truc que je me suis procuré par des moyens... peu légaux. Ca a l’air sympa, j’en ai visionné des extraits. Il s’agit d’un couple homo dont l’un est un Français qui veut obtenir une carte verte et rester en Amérique, et qui, pour cela, arrange un faux mariage avec une copine lesbienne. J’avais deux versions en anglais. L’une avec, l’autre sans sous-titres. Evidemment, pour TiNours, c’est mieux avec sous-titres. Et évidemment, c’est le format « avec sous-titres » qui ne passe pas sur la télé. Je m’énerve, je râle, je vitupère, je hurle contre la technique qui nous empêche systématiquement de voir ce qu’on veut voir. Je pourrais faire de la traduction simultanée, mais c'est épuisant. On se rabat sur le très beau film de Sautet, « César et Rosalie » que moi j’avais déjà vu plusieurs fois, mais pas TiNours. Peu importe, je le reverrai avec plaisir. Simplement, après ma crise de rage, en regardant les tribulations amoureuses de Yves, Romy et Samy sur l’écran, je sens que la gorge me fait un peu mal. J’ai dû trop crier... S'il y a un Dieu pour les chevaliers irascibles, ça va passer, non...?

 

The-Time-Travelers-Wife_10814_posterlarge.jpgEh bien, c'est un diable qu'il y a. Ca ne passe pas ! Je vais me coucher avec le feu dans la gorge, et l'incendie ne cesse d’empirer. Le lendemain matin, j’ai la tête dans le cul, je me sens fiévreux et je vacille sur mes jambes. Ca m'apprendra à m'énerver déraisonnablement pour des peccadilles. Et après ? Tout content de faire ma mauvaise tête, et d'avoir l'esprit contradictoire, je m’injecte moi-même le vaccin anti-grippe acheté il y a deux semaines (parce qu’à force de le retarder, il ne servira plus à rien) et je pars faire les courses à midi. Au retour, je me sens tellement mal que je laisse TiNours déjeuner seul et je vais me pieuter pour dormir trois heures d’affilée, avec deux aspirines. En me réveillant, ça va un peu mieux. Suffisamment en forme pour regarder un autre film à la télé, à deux, et souper, légèrement. Un film avec Eric Bana, un autre « chéri » à moi. TiNours et moi avons chacun notre collection, de "chéris" : pas de jaloux.

 

 

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Le soir, on fait chambre à part, par nécessité (TiNours et moi, pas Eric Bana et moi... tout de même...). J’ai pris un grog, je transpire des litres pendant la nuit. Apparemment, ça porte ses fruits. Au matin, un léger mieux à l’horizon, sur mes amygdales. En revanche, l'ouverture du volet fait encore apparaître, devant mes yeux blasés, un ciel désespérément gris souris. Le pire.

 

Et le plus incroyable, dans tout ça, c’est que je conserve le moral. Nananère.

 

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PS : Après insertion des photos, je me rends compte, à la re-lecture, que le résumé du film concernant le couple homo en quête de carte verte, 'en parallèle' avec l'affiche de César et Rosalie, est à hurler de rire ! Alors je laisse tout en l'état ! Vous ferez la part des choses ! :-)