23.03.2012
Ce doit être moi qui deviens un Vieux Con...
Mardi, on suivait le thriller. Qui était le mystérieux assassin à scooter ?
Mercredi, c’était la traque. On avait cerné le dangereux maniaque.
Jeudi, le jour le plus long. Quand allaient-ils le déloger de son salon ?
Aujourd’hui, on a droit aux 'hommages' : je nage en plein mirage !
1) J’apprends ce matin via le web que certains avaient ouvert une page Facebook pour honorer la mémoire de ce dingue. Bon, vous me direz, un fou, ça suscite toujours des vocations de folie, ici et là. Mais plus grave, des tas de gens ont suivi et signé en manifestant leur solidarité ! "400 policiers pour une seule personne... vive la France" écrit l’un d’eux. Certes, sur les cinq cent et quelque qui ont écrit sur la page en question, il s’en est trouvé malgré tout quelques uns pour crier leur désaccord face à cette initiative. Ouf. Mais tout de même...
2) J’apprends ce soir par TiNours qu’une prof de Rouen (prof d’anglais, en plus...) a demandé à ses élèves de terminale de respecter une minute de silence pour se recueillir à la mémoire de ce fanatique schizoïde. Décidément on n’arrête pas le progrès. Là aussi, ouf, les élèves ont bien réagi, ont refusé et ont signalé le problème à l’administration. En voilà bien une dont je ne serai pas solidaire. Faut pas pousser, quand même.
Non, mais... ?
3) C’est, apparemment le moins grave des trois faits du jour, mais c’est surtout cela qui m’a choqué, moi. Ce matin, en me rasant, j’écoutais sur France infos des témoignages de gens ayant connu ce mec. Alors, évidemment, cela ne m’étonne pas, les gens qui l’ont côtoyé, de près, de loin, voisins, ou anciens camarades de collège, n’auraient jamais soupçonné qu’il en arriverait là, parce qu’on lui aurait donné le Bon Dieu sans confession. Ca, c’est classique. Mais ce qui m’a surtout heurté, c’est d’entendre plusieurs fois des phrases (de la part de témoins ET de journalistes) disant : « c’était un mec tout ce qu’il y a de plus banal... il avait été interpelé plusieurs fois par la police pour de menus délits... il était plein de vie... il aimait chahuter en cours... un collégien comme un autre... il avait été renvoyé plusieurs fois de divers établissements... il était sympa et bagarreur... viré de son dernier collège pour avoir frappé un autre élève... » Bref, ‘un mec qui passait totalement inaperçu’.
Entendons-nous bien : je tiens à ce que les choses soient claires. Mon propos ici n’est pas de clamer « Voyez, il manifestait déjà des pulsions violentes, on voyait qu’il n’était pas clair, ce mec, on aurait dû le garder à l’œil, la délinquance était déjà inscrite dans ses gènes, et patati et patata. » Cette thèse-là, je la laisse débattre par tous les bien-pensants qui s’écharpent sur fond de campagne présidentielle.
Non, ce qui m’attriste profondément, moi, c’est ce subtil glissement des valeurs, auquel il me semble assister. Il est évident que de la part d’un mec qui a assassiné froidement quatre adultes et trois enfants sans manifester l’ombre d’un soupçon de remords, même quand il était coincé, le passé de petit délinquant dissolu ressemble à un roman de la Comtesse de Ségur. Il n’empêche. Honnêtement, je trouve très choquant d’entendre dire qu’un mec qui a plusieurs fois été interpelé par la police, renvoyé de divers établissements scolaires, avec une propension nette à la violence, puisse être considéré comme « banal » ou « passe-partout ». Ce matin, en écoutant entre les lignes les témoignages (et les analyses des journalistes, j’insiste sur ce point), on pouvait presque comprendre que tout cela le rendait sympathique ! Tous les petits délinquants ne se transforment pas en tueurs fanatiques en grandissant, j’en suis bien conscient et c’est heureux. Mais par pitié, qu’on n’essaie pas, pour faire contraste, de parler de lui au temps de son enfance, puis de son adolescence, comme d’un gentil garçon chahuteur, alors qu’il était tout simplement une petite frappe de merde. On en rencontre suffisamment dans la vie de tous les jours. Ne faisons pas naître de vocations à la célébrité chez ceux qui pourraient éventuellement s’amender par la suite, merci. La tentative perpétuelle des médias pour modifier, enjoliver, magnifier ou enlaidir, c’est selon, pour créer leur putain de « buzz », il faudrait tout de même qu’elle soit tempérée par un peu de décence.
La seule chose qu’il mérite, c’est que son nom retombe très vite dans l’oubli et le néant dont il n’aurait jamais dû sortir.
Fin de mon quart d’heure Vieux Con.
19:36 Publié dans Actualités, Lancelot s'énerve | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
22.03.2012
Si Mahomet ne va pas à la montagne...
...c’est la montagne qui ira à Mahomet.
Inutile de battre encore ma coulpe sur le fait que je néglige tous mes chers blogpotes, ces temps-ci, à tous égards. Je ne donne pas de mes nouvelles ici, je ne vais pas en prendre chez les autres. Ou alors, je le fais subrepticement et rapidement, sans laisser de trace écrite. C’est très mal, il est vrai. Mais je ne vais tout de même pas, en plus, vous saouler avec mes larmes de crocodile.
J’ai une lettre à écrire à quelqu’un. Qui, soit dit en passant, ne fait même pas partie du cercle des blogueurs. Mais je lambine, je retarde, je délaie (barbarisme) , je procrastine. L’ennui, c’est qu’en plus, cela me fait « bugger ». Tant que je ne l’aurai pas pondue, cette missive, tout le reste bloquera. Le blog y compris. Vous y comprenez quelque chose, vous ? Moi, non. Alors, comme ça ne peut pas durer ainsi, en attendant de faire basculer le rocher qui bloque la rivière, je fabrique tout de même de petites flaques, à côté. Quelle image ! A ne surtout pas mal prendre. C’est de moi que je me moque, et personne d’autre.
Quoi qu’il en soit, mes gentils blogueurs, si je ne vais pas à eux, ils viennent à moi.
Tout d’abord, il y a déjà deux semaines de cela (honte à moi d’avoir laissé s’écouler autant de temps), mon Piergil m’envoie quelques exemplaires imprimés (et annotés) de la deuxième partie de mes Atlantes. Une façon de me dire que 1) il pense à moi 2) ça l’intéresse 3) il a des suggestions à me faire.
Plein de gros câlins à lui.
Ensuite, mon Nunus et ma Fromfrom m’envoient une carte de leurs pérégrinations au Louvre. Une façon de me dire que 1) ils pensent à moi 2) ils sont amateurs d’art 3) j’ai de faux airs de Mona Lisa.
Plein de caresses à eux... même si, nommer tous les personnages de la carte... je déclare forfait.
Dimanche, le téléphone sonne : c’est ma Fiso qui vient prendre des nouvelles, et s’excuser. Elle a lu, avec du retard, les notes où je parle du décès de ma Maman. Elle se sent confuse de ne pas avoir été là pour moi au bon moment, alors que moi-même je ne l’avais pas rappelée il y a trois semaines. C’est moi qui suis en tort, et c’est elle qui se met à pleurer. Ses larmes me touchent en plein cœur. Je voudrais la serrer dans mes bras, physiquement. Ma façon de lui dire que 1) elle compte énormément pour moi 2) c’est moi qui aurais dû m’excuser 3) je sais que de toute façon elle est, a été, sera, toujours là.
J’essaie d’effacer à distance ces gouttes de pluie sur ta joue rose, petite sœur. T’es faite pour rire, pas pour pleurer. Trop jolie pour ça.
Aujourd’hui, une carte bretonne surgit dans notre boîte aux lettres, avec en prime un joli soleil dessiné sur l’enveloppe, par les bons soins de ma Plume. Une façon à elle de nous dire que 1) elle pense à nous 2) pas besoin de voyager loin pour pouvoir carte-poster 3) pas besoin de bloguer pour bisouter.
Plein de bécots en retour, Bicotine.
Et puis, il y a tous les autres, aussi, à qui je pense, même sans que ces montagnes-là ne se soient déplacées jusqu ’à moi. Je n’en demande pas tant, bien sûr C’est un privilège dont je suis conscient. Les assidus, les réguliers, les intermittents, les rarissimes : Valérie, Christophe, Calyste, Karagar, Dana, Boug... Je pense à vous aussi, fort, tout en faisant de mon mieux pour sortir de ce « pot-au-noir » bloguien.
Ma façon à moi de vous dire que ce bateau, le mien, flotte toujours.
22:26 Publié dans Blog, blogpotes, Les états d'âme de lancelot | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : courrier, blog, blogueurs, blogpotes
07.03.2012
Retard et oreilles
Ce matin je me connecte pour me rendre compte que mon dernier commentaire chez un blogueur date d’il y a un mois.
Moment de silence. Un ange passe et trépasse.
J’ai des commentaires en retard.
J’ai des corrections en retard.
J’ai du courrier en retard.
J’ai des mails en retard.
J’ai des engueulades en retard.
J’ai des remerciements en retard.
J’ai un Yaryl en retard.
J’ai du blog en retard.
Je suis en retard sur tout, et je suis fatigué pour rien.
J’ai un fonctionnement qui ressemble un peu à celui d’un ordinateur : si je « bugge », comme on dit, sur un point, ça bloque tout le reste qui vient derrière. Impossible de contourner. Je regarde l’obstacle d’un œil bovin, et je rumine. Pas possible de contourner, de sauter par-dessus. Non non, j’aurai le droit de m’occuper de la suite uniquement lorsque j’en aurai fini avec le rocher qui gêne. Du coup, les rochers s’accumulent, et le retard itou.
Et puis, chuis fatigué. Lourd, lent, un peu comateux au quotidien.
En retard et fatigué, une association qui ne fait pas bon ménage, ça.
Le drame, quand on arrive en retard, c’est qu’on doit tout faire vite, et moi je n’aime pas aller vite. Par exemple, chez les copains, j’aime lire tranquillement, commenter, prendre mon temps, comme si la note du 30 janvier était une note écrite la veille.
Et puis, chez moi, j’ai un mal fou à faire court. Ca aussi, ça fatigue. Moi et les autres.
Alors, une courte, pour la route. L’autre jour j’ai entendu à la radio une phrase qui m’a fait rire parce que c’est une faute qui revient sans cesse dans la bouche des uns et des autres : « Les histoires de viande halal, en ce moment, on nous en rAbat les oreilles ». Elle me fait rire, celle –là, parce que j’imagine toujours la scène : les mecs qui racontent leur histoire en boucle, ils viennent te la susurrer dans le conduit auditif, puis ils replient après, derrière eux, bien soigneusement, le pavillon, ensuite le lobe par-dessus, comme une lettre qui va partir à la boîte. On cachète avec du cérumen. Cacabeurque.
Enfin c’est vrai que ces temps-ci, le halal on nous en rebat les oreilles, et le reste
Un prétexte, pour revenir faire coucou.
Quand on réamorce une pompe, on prend la première chose qui vous tombe sous la main, pas vrai. J
12:02 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note


