11.05.2012
Quinquennat, bloggenat
Curieux comme, tout en ne cessant de dire que la politique influe peu sur nos vies, que, que ce soit la droite ou la gauche qui nous dirige, « ça ne changera rien » « on se fera toujours avoir » « ce sont tous les mêmes »... pourtant, pourtant, on continue à se passionner pour les élections, et à avoir quelque chose qui vibre en nous, juste avant les résultats d’une présidentielle.
J’ai la particularité d’appartenir à une génération qui a vécu toutes les présidentielles de la 5° République, et même, de me souvenir de chacun des débats. Même celui de 1974. J’étais très jeune, pourtant, mais on en parlait, dans la cour de l’école primaire. Je me souviens de ma déception lorsque Giscard avait été élu. Je me souviens de ma frustration de n’avoir pu voter, à quelque mois près, en 1981. Je me souviens de mes tranquilles certitudes en 88, de mon rejet des deux candidats en 95, de l’affolement de TiNours en 2002 alors que je considérais l’arrivée du FN au second tour avec philosophie, mais c’était peut-être de l’inconscience. Je me souviens de mon abattement en 2007, parce que j’étais persuadé, avec raison, entre les deux tours, que tout était déjà plié.
Je ne sais pas pourquoi, mais l’élection de 2012 m’est apparue particulièrement cruciale. Je voulais absolument sortir de cette ambiance de tension, de pression perpétuelle, de ce système consistant à dresser des groupes de la population contre d’autres. Les ouvriers contre les fonctionnaires, le privé contre le public, les Français de souche contre les immigrés, les actifs contre les chômeurs, les vieux contre les jeunes. Surtout, surtout, je n’en pouvais plus de cet écho incessant que renvoyaient, et renvoient encore, les médias, et surtout la radio, lorsque des auditeurs s’expriment sur tel ou tel sujet. Cette haine des uns vis-à-vis des autres, qui clapote entre les mots méprisants, entre les phrases chargées d’aigreur et de frustration.
Avant-hier, une collègue me disait « Aujourd’hui, je me sens apaisée ». C’est exactement cela. Même si l’on sait qu’il n’y aura pas d’état de grâce post-élection cette fois, pour le parti choisi. Il nous reste notre moral, qui peut, disons, s’arrêter pour souffler deux minutes. J’ai presque eu envie de ne rien écouter des infos à partir de lundi. Ce que, bien sûr, je me suis bien gardé de faire. Tout recommence, ou tout continue, c’est comme l’on veut, mais au moins on a l’impression d’avoir passé une porte. On entend encore hurler les hyènes derrière, elles ne sont pas loin, mais du moins leurs glapissements sont assourdis. Un peu.
Ce dont je ne reviens pas, c’est que les cinq années de sarkozye coïncident à peu près exactement avec les cinq premières années de mon blog. J’avais démarré en août 2007. C’est pourquoi j’ai aussi l’impression que, même si elles ont été lourdes, dures, pénibles, ces années ont été colorées et vivantes. Non pas, bien sûr, grâce au président sortant, mais des liens se sont créés, en fonction de nombreux paramètres qui ont inclus aussi l’actualité politique. Cette impression agréable de faire partie d’un front commun. Même si nous sommes loin de partager les mêmes opinions sur tout, à la base, nous avions en commun ce rejet du gouvernement en place.
Enfin, pour la plupart de mes amis blogueurs, je veux dire. Peut-être que je m’avance beaucoup. Peut-être que certains se seront contentés de ne rien dire, lorsqu’ils n’étaient pas d’accord avec moi, sur tel ou tel point concernant la politique. Il est vrai que j’en parle assez peu ici, en définitive. Mais que je le veuille ou non, elle influe sur la vie, l’ambiance et la couleur du temps. Et j’aime quand la météo me donne de nombreux sujets de conversation à partager avec mes proches.
Alors, soleil, nuages ou brume, c’est reparti en avant pour cinq ans. Ou peut-être moins ? Nous verrons. Ensemble.
19:44 Publié dans Blog, blogpotes, Les états d'âme de lancelot, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
29.04.2012
Docteur Cornus dévoile la noirceur de mon âme...
1) Votre conjoint, votre amoureux, votre enfant ou votre plus cher ami a commis un homicide sans être découvert immédiatement et se réfugie chez vous. Que faites-vous ?
Horriblement embêté. J’ai beau retourner la question dans tous les sens, je n’arrive pas à lui trouver une réponse satisfaisante.
Avant toute chose, bien sûr, je questionne pour connaître les circonstances de l’homicide. Je sais que je n’ai pas à me positionner à la place de la loi, mais il est évident que j’aurais plus d’indulgence pour un meurtre en état de légitime défense que pour un crime crapuleux...
Et si TiNours avait commis un crime crapuleux... ?
Horrible, horrible. Cette idée, l’idée que je sois, par la force des choses, obligé de prendre une décision, dans un sens ou dans l’autre, dans un cas pareil, me met terriblement mal à l’aise.
Je n’ai pas de réponse.
2) Si vous vous rendez compte, après la sortie d’un magasin, que vous aviez dissimulé, sans le vouloir, un objet sans le payer, que faites-vous ?
Ca, c’est facile. C’est une situation impossible. De deux choses l’une : ou bien j’aurais volontairement volé l’objet (donc inutile d’envisager de le rapporter) ou bien je n’aurais pas été crétin au point de le fourrer dans ma poche en plein magasin sans penser à mal. « Dissimuler » sous-entend bien qu’on voulait chiper, non ?
Sinon, oui, comme je sais lire entre les lignes, j’ai déjà chapardé, volontairement, dans des magasins, autrefois. Des conneries. Des bonbons, une gomme, un crayon. Jamais rien de plus coûteux qu’un livre de poche. Ce qui ne me dédouane pas. Mais j’assume. Voler, ça a un côté amusant.
3) Dans une pièce où se déclare un incendie, si vous avez la possibilité de sauver soit un chat soit l’original d’une peinture célèbre parmi celles que vous préférez, que choisissez-vous de sauver entre le chat et la peinture ?
Il me fait rire, mon Nunus, avec ses questions. Chris, dans son interrogatoire, c’était plutôt genre psychiatre. Plume, c’était un peu « jeu radiophonique ». Cornus, c’est le Commissaire de Police.
J’essaie de sauver les deux. Et le portrait du chat, ça passe pas la porte ?
Au fait, il y a un détail importantissime à considérer pour cette question : la maison où se déclare l’incendie était-elle la mienne, ou celle d’une connaissance ? Je m’en fiche de sauver un tableau qui ne me rapportera rien (même si c’est une grande œuvre d’art), alors je récupère le minou. Sinon, ben, je sauve le tableau en me disant que le chat trouvera toujours un soupirail où se glisser. Et au moment où je sors, les habits noirs de suie, toussant et suffoquant, Plume me casse sa poêle à frire sur la tête en me criant « Oùcékilé mon Tizef ?????? » Ou bien c’est Karagar qui vient me hurler à la mort à propos de son Bistouri... Ou Valérie avec Chamade ! Comment faire plaisir à tout le monde.... ? Et mes brûlures au 3° degré, qui s’en soucie... ?
4) Vous êtes le chef de tous les états de la planète en lutte contre un envahisseur agressif et vous avez la possibilité d’appuyer sur un bouton pour l’exterminer de façon définitive, mais en rayant de la carte et en contaminant de façon irrémédiable et éternelle 90 % de la planète. Que faites-vous ?
Mais, mais, c’est exactement le thème de départ de mon histoire des Atlantes, ça ! Ils auraient pu sauver la Terre des Zylts en en anéantissant la plus grande partie, et ils ont choisi de ne pas le faire ! Alors, ma réponse c’est de durer...
Cependant, encore une fois, tout dépend ! Après avoir appuyé sur le bouton, les survivants (car il y en aurait, je suppose ?) vivront dans quelles conditions ? Ou bien, si on avait laissé les envahisseurs envahir sans appuyer sur le bouton, quel aurait été le sort des envahis ? C’est très difficile, ces choix, on ne peut pas vraiment répondre de façon « tranchée » sans connaître les tenants et les aboutissants du problème !
5) Vous avez horreur du football. On vous propose une somme équivalente à trois mois de salaire si vous allez voir un match d’une grande équipe nationale ou internationale. Que faites-vous ?
Pouf ! un seul match à subir ? C’est rien du tout ! J’y file ventre à terre. Aucun problème.
En plus, ça me ferait une expérience intéressante, parce qu’effectivement j’ai horreur du foot et je n’ai jamais assisté à aucun match en direct, mais ce doit être passionnant aussi comme ambiance, dans les gradins.
(J’allais oublier : si et seulement si on me paye le billet d’entrée, en plus des trois mois de salaire, évidemment... yuk yuk yuk...)
6) En bêchant votre jardin vous découvrez un trésor archéologique. Comment partagez-vous cette découverte ?
Ben... ça dépend du trésor !
Un gros truc genre statue, j’aurais du mal à le conserver. Je contacte un musée national.
Un coffret de bijoux ayant appartenu à la Reine Gertrude, ou au Prince de la Crotte Sèche, je crois que je les partagerais aussi pour le patrimoine national, mais j’en conserverais peut-être un seul, en artiste.
Des pièces d’or, ou d’argent, j’essaierais de les monnayer... slurp...
7) On vous propose un magnifique tour du monde tous frais payés pendant un an ou un voyage aller retour sur la lune nécessitant une intense préparation physique et sportive d’une durée de trois ans. Quel voyage choisissez-vous ?
Réponse compliquée là aussi si l’on ne connaît pas les paramètres annexes. Je préfèrerais mille fois la Lune (parce que par ailleurs, au retour, un tour de monde me resterait éventuellement accessible par mes propres moyens, et l’inverse ne serait pas possible). Mais, mais, mais : comment est-ce que je vivrais pendant ces trois années d’intense préparation physique et sportive ? Serais-je censé être payé, ou est-ce que je conserverais mon emploi, ou pas, au retour ? Ces détails-là m’importent, à moi, figurez-vous. Surtout si au retour de la Lune je veux partir autour du monde ! Faut financer ça !
(Nunus prend son air douloureusement surpris : Lancelot ramène tout à des détails bassement matériels...)
8) Vous devez changer vos fenêtres. Pour le même prix, vous avez la possibilité d’opter pour des fenêtres imputrescibles en PVC ou en aluminium ou bien en bois local avec un haut label environnemental, mais qui nécessite de fréquents traitements contre les intempéries. Que choisissez-vous ?
Le PVC, sans aucune hésitation. Ce n’est pas polluant, en soi, si ? Alors, je ne fais de mal à personne ? Si ?
9) Vous avez la certitude d’être élu(e) pape(sse) ou ministre du travail avec des pouvoirs étendus. Quelle serait votre préférence ?
Ministre du travail, bien sûr.
‘Pape’, quelle idée... La seule chose qui m’attirerait dans cette fonction-là ce serait de glander dans le luxe... mais sinon...
Oui oui je sais : les Papes ne glandent pas (bôf...). Alors, si c’est vraiment le cas, ce boulot-là ne m’intéresserait pas.
De toute façon, cette question m’inspire peu. Je l’avoue : tout ce qui est poste à responsabilité me fait positivement horreur.
10) Vous avez la possibilité de faire un questionnaire ou de répondre à trois questionnaires de même importance. Que préférez-vous ?
Répondre aux trois questionnaires, c’est moins difficile.
Mais ça ne veut pas dire que je refuserais catégoriquement de pondre moi-même un questionnaire. La preuve, je l’ai déjà fait. Simplement, il faut davantage de temps, et de cogitations.
J’ai la désagréable impression, en arrivant au bout de ce questionnaire, d’avoir dévoilé mes aspects les plus bas : cossard, tricheur, vénal... mais bon, tout est une question de proportions, n’est-ce pas. Je me suis toujours méfié des gens qui disent « Oh, moi, JAMAIS, au grand jamais, je ne.... »
19:23 Publié dans Blog, blogpotes, Les états d'âme de lancelot | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : tag, cornus
24.04.2012
Dienstag, Plume's tag
J’adore les questionnaires-tag.... Ca permet de pondre des notes facilement, sans se creuser la cervelle pour trouver un sujet ! Et puis, ça donne un peu l’impression d’être une star de magazine pipole, interrogée sur sa vie personnelle... Frisson de la célébrité.... Aujourd’hui, j’ai fait celui de ma Plumette, merci à elle. Prochainement, je m’attellerai à celui de mon Nunus, bise à lui !
1. Quel est votre premier réflexe lorsque vous entendez ou lisez un mot dont vous ignorez le sens ?
Essayer de le deviner en fonction du contexte, évidemment. Sinon, le décortiquer en faisant appel à mes rudiments, mes vestiges, de latin ou de grec. En dernier recours, si c’est vital et si les conditions s’y prêtent, le dico.
2. Aimeriez-vous monter sur une scène pour participer à un spectacle ou prononcer un discours ?
Pour un spectacle, oui. Je l’ai déjà fait dans ma prime jeunesse. Un discours, c’est l’horreur. J’en ai déjà parlé dans mon blog. C’est le style de chose qui me terrorise devant des inconnus. Un comble pour un prof ? Pas vraiment puisqu’un prof est davantage acteur que « discoureur », d’après moi.
3. Si vous deviez vous exiler définitivement, quel pays aurait votre préférence, compte non tenu de vos connaissances linguistiques ?
Facile !! L’Italie, sans aucune hésitation.
Et, une fois installé, je me débrouille pour faire un lobbying intensif auprès du gouvernement... pour qu'ils améliorent leur politique en matire de signalisation routière... parce que de ce côté-là, c'est porca vergogna....!
4. De quel aliment, solide ou liquide, ne pourriez-vous absolument pas vous priver même si vous saviez que votre santé en pâtira gravement tôt ou tard ?
Drôle de question... J’ai tendance à me dire que je saurais me passer d’absolument tout (en matière d’aliments) si ma santé est en danger. L’eau gazeuse, peut-être ? Mais même ! Si par extraordinaire cela menaçait mon équilibre, ça aussi, je saurais faire sans. Je suis assez discipliné pour ces choses-là, en fait. Trop, peut-être ?
5. Quelle est la période historique de l’histoire (de l’Europe pour simplifier) dans laquelle vous aimeriez faire au moins un petit voyage de quelques années ?
Plein !
La Rome décadente.
L’époque élisabéthaine en Angleterre pour voir à quoi ressemblaient les représentations théâtrales, et peut-être rencontrer Shakespeare, Marlowe, et les autres.
Le XVII° pour intriguer à la cour de Louis XIV (en faisant gaffe à ne pas me faire empoisonner)
Les années 1350 et quelque, pour voir à quoi ressemblait la peste (en m’étant fait vacciner au préalable, évidemment). Ce n’est pas si incroyable ou morbide que cela, j’ai été trop influencé par mes dernières lectures.
La seconde guerre mondiale (mais pas sur le front, évidemment).
En gros, je considèrerais un peu cette possibilité comme un (Euro)Disneyland
de luxe....
6. Si votre téléphone sonne et que vous êtes tout(e) nu(e), répondez-vous tout de suite ou passez-vous d’abord un vêtement quelconque ?
Pouf ! Me rhabiller pour si peu ??? Jamais de la vie ! Il m’est arrivé de passer des heures et des heures à poil à la maison, et de prendre moi-même l’initiative d’un coup de fil, sans même penser à revêtir la moindre feuille de vigne !
Bon, j’ai mes limites tout de même : si on sonne, je revêts un petit quelque chose avant d’aller ouvrir. Un string fluo, disons...
7. Y a t-il un objet (livre, disque, vêtement, objet d’art, meuble, albums de photos, jouet de votre enfance, gadget...que vous ayez traîné de déménagement en déménagement sans jamais pouvoir vous en défaire, même s’il est en piteux état ?
Mes livres, évidemment.
Je suis parti récemment à la recherche du nounours de mon enfance, que je croyais caché dans un quelconque recoin poussiéreux chez mes parents, mais sans succès. Ca me chagrine beaucoup. Je l’aurais bien lavé pour le faire trôner en bonne place chez nous.
Oui, bien sûr, moi aussi suis atteint de cette bête manie sentimentale consistant à conserver ce que j’ai aimé, même si la chose en question est devenue complètement inutile et inutilisable.
8. Vous avez acheté un billet de tombola avec un prix surprise, vous avez gagné le premier prix ; une rencontre en privé avec le pape autour d’un bon repas. Acceptez-vous, et si oui, que lui racontez-vous ?
Tout simplement, non. Il n’est pas assez sexy.
Plus sérieusement, la religion en général (et le catholicisme en particulier) est le sujet sur lequel je me sens le moins à même de convaincre ou d’argumenter, ou de me laisser convaincre. Alors, à quoi bon...
9. Une bonne fée vous octroie soudain un don exceptionnel d’acteur, de peintre, de chanteur, de danseur, d’architecte, de poète, de sculpteur, de sportif, de cuisinier, de couturier, d’instrumentiste, de devin, de guérisseur, de polyglotte, lequel choisissez-vous ?
Ohlà c’est DUR ça !!!
Ceux qui me font le plus briller les yeux : instrumentiste (de musique, je suppose ?), poète, sportif, devin.
Tout ce à quoi je pense n’avoir aucune chance d’accéder par des moyens « naturels ».
Sinon, s’il faut vraiment limiter le choix à un, j’hésite entre instrumentiste et devin. Mais devin, j’ai lu tant d’histoires, vu tant de films, où ça se terminait mal, et où ça devenait davantage une malédiction qu’une bénédiction, au final ! Alors, c’est décidé : instrumentiste. A condition que ce soit de TOUS les instruments pour le même prix, très chère Madame La Fée.
10.Votre conjoint, votre amoureux, appelez-le comme vous voulez, qui s’est soudain pris de passion pour les serpents, vous ramène un jeune cobra et apprend à jouer de la flûte. Comment réagissez-vous ?
J’imagine très mal TiNours vêtu d’un turban, s’amusant à ça ! Lui, il est plutôt baballe et gros chienchien. Et je le rejoins totalement. C’est moins original, certes, mais plus rassurant. La question ne se pose heureusement pas, car ça me poserait un très grave problème. Quitter TiNours à cause d’un cobra ? Bah, je contournerais le problème en m’achetant une mangouste. C’est donnant-donnant, non ? Chacun a bien le droit d’avoir son animal familier à lui...

14:11 Publié dans blogpotes, Lancelot se marre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chaîne

