21.02.2012

Le lundi au soleil !

Lundi 13 au matin, départ pour le chalet familial dans le Vaucluse. Mon père nous accompagne, mais il avait décliné il y a quelques semaines, notre invitation à rester quelques jours là-bas en notre compagnie. Trop de souvenirs réunis en un seul lieu, pour lui, là-bas...

 

Malgré le beau soleil, le froid est mordant. A l’arrivée, désagréable surprise : tuyaux d’eau gelés. Aussi bien les tuyaux d’arrivée que d’’évacuation (WC). Pas cassés, mais gelés. Que faire ? Je le prends à la rigolade, TiNours beaucoup moins. Que faire ? Mon père repart de son côté, nous laissant libres de notre décision, puisque de toute façon il n’avait pas prévu de rester. Que faire ? Nous refermons la maison, et partons manger au restaurant, en caressant tristement l’idée de repartir sur Montpellier et d’y réorganiser nos vacances. Que faire d’autre ? Vers la fin du repas, je regarde TiNours, je hausse les épaules : « C’est trop con, tout de même, et est-ce qu’on ne pourrait pas se passer d’eau courante ? » « J’y pensais justement mais je n’osais pas te le dire » me répond-il.

 

Au chalet, le chauffage (poêle à mazout) fonctionne très bien, ainsi que la cuisinière à gaz. C’est l’essentiel, non ? Alors on achète quelques bonbonnes d’eau minérale en prévision des « toilettes pour chat » sans douche, avec gant de toilette et lavabo. Pour les besoins naturels, eh ben.... la maison est entourée de vignes et de collines à perte de vue... idéal pour les crottes de chat... A la guerre comme à la guerre... On ne va pas se laisser emmerder pour si peu...

 

Après être revenus sur nos pas, (nous avions gardé les clés, heureusement), nous avons défait nos valises. Température à l’intérieur, 6°C, mais nous avons branché le chauffage et sommes partis nous réchauffer ailleurs : excursion au Mont-Ventoux. Je ne l’avais jamais tentée en hiver ! En juillet-août, des tas de fois. J’en avais conservé un souvenir curieux de froidure paradoxale, quand on passe de la canicule de la vallée à l’air frais de la cime.

 

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Il faut savoir qu’en hiver, neige ou pas, la route est fermée à partir du chalet Reynard, un repère pour les alpinistes sportifs. Fermée aux voitures, mais pas aux promeneurs. On nous avait dit qu’à partir de là il y avait 3 km à parcourir pour atteindre le sommet. La vérité est plus proche du double ! La route est facile, même s’il faut gravir la pente... mais elle est interminable et lorsque le vent souffle, ce qui était le cas (en redescendant, surtout), on a la sensation, littéralement, de se changer en esquimau Gervais... 1912 mètres, et, une fois rendus, l’impression d’avoir atteint le sommet du monde : pas un chat ni un seul promeneur rencontrés pendant les deux heures de promenade, le ciel est à nous ! Ainsi que la vision incroyable de la vallée en contrebas... J’avais oublié l’appareil photo, hélas. Mais il faut savoir une chose : si le versant Sud (celui par lequel nous avons grimpé) est abordable, le versant Nord (réservé au ski) n’était pas tenable, même en simple mode contemplatoire ! Le blizzard qui soufflait de ce côté-là transformait n’importe quelle créature en bonhomme de neige...

 

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(Photos Wiki)

 

Ne pas oublier d’avoir une pensée pour Tom Simpson, le cycliste britannique qui mourut lors de son ascension en 1967, à un endroit désormais marqué d’une stèle commémorative.

 

Après être redescendus et avoir fait quelques courses, nous rentrons au chalet vers les 19h... Bonne surprise : nous avons bien fait de nous entêter  : les tuyaux sont dégelés, nous aurons donc l’eau courante (et chaude, car le chauffe-eau fonctionne). Seule l’évacuation des WC est encore bloquée... je passe sur les détails concernant le système « débrouille » –ou « démerde », comme on veut... De toute façon, le lendemain, tout sera débloqué, grâce au redoux.

 

Le soir en regardant la télé, on assiste au Bal des Tartuffes. Après avoir clamé sur tous les tons que, comme son nom l’indique, elle irait jusqu’au bout, Bouthym se débine et annonce qu’elle se range derrière le candidat naturel de la droite. J’éructe et je vitupère.  A défaut d’être intelligente face à la cause homo (entre autres) je lui trouvais au moins le mérite, depuis quelques mois, d’avoir des couilles. Eh ben la cause est entendue. Bouthym n’a ni cerveau ni testicules. Que lui reste-t-il ?Une Bible sur pattes, est-ce que ça vaut la peine de s’y attarder ? A défaut du pèlerinage à St Jacques de Compostelle, elle aura au moins fait le pèlerinage de l’Elysée, comme le dit le Canard Enchaîné. Dans la foulée, Maurin, l’Homme Incroyable qui a assisté à la Libération de la France dans sa Prime Jeunesse, fait lui aussi caca à la culotte et repart se cacher dans l’ombre de Qui-Vous-Savez. Ah oui, au fait, il a annoncé sa candidature, çuilà ! J’allais oublier ! En voilà, une révélation qui a littéralement enchanté notre soirée. Surtout qu’on ne s’y attendait pas !

 

Enfin, enfin, nous savons pour qui voter en mai prochain... J

 

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19.02.2012

Tellement de choses à dire...

...sans savoir les organiser...

De dimanche dernier et du repas familial, je retiens surtout cette image de Sara qui arrive en fin de matinée avec un visage fermé et des mains crispées. « Que se passe-t-il ? » s’interroge tout le monde en aparté. Je me pose la même question, en rajoutant in petto un « ...encore... ? » que j’ai vivement regretté par la suite.

 

Elle nous avoue plus tard, en privé, à ma sœur et à moi, qu’elle angoissait terriblement à l’idée de revenir pour la première fois chez mes parents tout en se disant que la maison ne serait plus jamais la même, sans Elle...

 

Rosy et moi la prenons maladroitement dans nos bras, en même temps. Nos larmes coulent, hésitantes et un peu effrayées de rompre des barrages élaborés patiemment ces dernières semaines. Je caresse son dos, ma soeur lui remet tendrement une mèche en place. Et là, en cet instant fugitif, trois petites pièces du puzzle s’imbriquent, et un frisson jaillit. A trois, en nous serrant, nous recréons un miracle. Pendant une infime seconde, nous avons été quatre, dans cette étreinte.

 

Depuis le premier janvier, d’autres personnes ont disparu, au fil du fleuve. Je n’ai plus exactement le même regard sur ces départs, dorénavant. J’attache beaucoup plus d’importance à l’âge de ceux qui s’en vont. Rosy Varte, Sophie Desmarets, étaient de la génération de ma mère. Whitney Houston, elle, avait presque exactement mon âge, à cinq mois près. Je mesure la vacuité de ces réactions instinctives qui me font me dire : « Pourquoi ces actrices ont-elles eu le privilège d’une vie plus longue ? » Moi, je vivrai probablement au-delà de 48 ans. Enfin, je l’espère. Alors, où sont la justice et la logique là-dedans ? Il n’y en a pas, bien évidemment. Ce qui compte, ce n’est pas la durée. C’est ce que l’on a accompli avant, et, qui sait, peut-être ce que l’on fera après.

 

Certains échos ne s’éteignent jamais.

 

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podcast

 

11.02.2012

Nous partons

Début des vacances zone A. La nôtre.

Au programme :

Dimanche, nous fêtons nos douze ans de PACS, dans la maison de famille. En famille, mais... pas complètement....

Mardi, nous montons nous isoler tous les deux dans la cambrousse, et le froid.

Retour sur Montpellier samedi prochain.

La semaine suivante, TiNours reprend le boulot, et peut-être aurons-nous un invité à la maison... s'il se sent d'attaque pour venir passer quelques jours avec nous....

Il faudrait entretemps que j'essaie d'écrire, et de mettre tout ça au chaud, pour le publier plus tard, à partir de la semaine prochaine peut-être ? Je ne sais.

Je vous embrasse tous affectueusement.

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09.02.2012

Celle-là, elle m'a tordu de rire

Trouvée dans le Canard Enchaîné de cette semaine :

 

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04.02.2012

Vivre, écrire (3)

Je passe par hasard l’autre jour chez « A Girl called George » et j’y lis qu’il lui est arrivé, en disant à des connaissances qu’elle tenait un blog, de s’entendre répondre « Tu vaux mieux que ça ». Affirmation pseudo-affectueuse teintée de mépris gentillet.

 

J’enfoncerais une porte ouverte en disant que je partage l’opinion de tous les blogueurs qui ont répondu en chœur qu’on s’en tape, de l’opinion des autres, et que le ‘geek’ qui s’active et se pète les doigts sur un clavier pour livrer ses pensées et sa vie,  au public des initiés, est tout aussi respectable que la noble dame aux longs cheveux, qui, à l’époque victorienne, s’asseyait à son bureau face à la lande anglaise, et prenait une plume d’oie pour couvrir quotidiennement un beau registre à reliure, de son écriture élégante et précise, avant de serrer son trésor dans l'un de ses tiroirs, avec une clé dorée.

 

Je n’ai pas envie de rouvrir ici l’éternel débat consistant à savoir si un journal intime doit le rester, intime, ou pas. Pour moi, un blog n’est pas cela d’ailleurs. Ma conception à moi du journal « à l’ancienne » a été marquée à jamais par l’image (la mienne) de l’ado gribouillant sa vie de tous les jours dans son cahier à spirale. Relater davantage de vie que de réflexions. Je ne sais plus faire cela dans un blog. Je préfère me torturer la cervelle sur des souvenirs, ou des analyses de trucs entrevus ou entendus rapidement, au détour d’une matinée, d’un après-midi, d’une nuit. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Je n’en sais rien. Il y a mille façons de bloguer, celle-ci est la mienne. Elle comporte pas mal d’inconvénients : longues périodes de silence quand  je ne suis pas enclin à l’introspection, ou notes à rallonge quand la machine fonctionne trop fort et s’emballe. J’ai compris depuis peu que, bien ou mal, je ne changerai pas. Mon blog, c’est moi. Faut faire avec. Surtout, il faut que moi, je compose avec.

 

Mais au-delà de tout cela, je pense que le débat qu’ouvre George est intéressant dans la mesure où il pourrait aussi servir à établir une distinction entre deux catégories de gens : il y a ceux qui s’expriment par des actes, ou des choses, et ceux qui s’expriment par des idées ou des écrits.

 

Et, bien sûr, je pense appartenir au second groupe.

 

Evidemment, il s’agit d’une classification « à la hache ». Toute personne utilise les deux moyens pour communiquer, en fonction de la situation, et en fonction de l’inclination de son caractère. Lorsque par le passé j’ai reçu des gifles, physiquement ou moralement, il m’est arrivé de riposter physiquement, ou verbalement. Et aussi par écrit. Oui, oui. Aussi. Surtout, même. Je dois bien l’avouer. Manier le stylo, la plume, le clavier, je me suis entraîné à ça. Ce n’est pas une question de lâcheté. J’ai été « giflé » bien plus souvent moralement que physiquement -heureusement pour moi. Ou pas ? Quoi qu’il en soit, j’ai retiré de ces histoires des « cals à l’âme » qui, avant de cicatriser, faisaient bien plus mal qu’un nez qui saigne ou un oeil poché. Enfin, je pense.

 

Répondre en s’exprimant par écrit oblige à une gymnastique interne que je trouve positive et fructueuse. Examine les arguments de l’adversaire, analyse-les, soupèse-les. Qu’est-ce qui est valable, qu’est-ce qui ne l’est pas. Qu’est-ce tu peux répliquer à ceci, rétorquer à cela. Quelles sont tes forces, tes faiblesses. Organise, utilise ta logique, ta force de persuasion.

 

L’écrit m’a même permis, quelquefois, de m’apercevoir que ma position à moi n’était pas tenable, que mes arguments étaient creux et filandreux. Les sentiments que l’on sent bouillonner en soi, une fois mis par écrit, peuvent décevoir. La canne à pêche remuait si fort qu’on croyait tenir un saumon, et au final, on ne voit plus qu’un goujon frétiller lamentablement entre les mots. Il m’est déjà arrivé, suite à cela, de changer d’avis et de faire mon mea culpa. Pas trop souvent, mais parfois, oui.

 

Le blog, c’est un bon entraînement. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’il s’agit d’un monde aseptisé, virtuel, situé hors de la vie réelle. Bien au contraire. Les rapports y sont peut-être plus palpables, plus sensibles que dans un banal face à face. Le blog, il m’a appris beaucoup dans ce domaine. Savoir patienter. Savoir faire taire sa fureur naissante. Savoir mettre une bride à ses émotions. Savoir déterminer, sur la durée, si « ça » vaut le coup d’ouvrir son cœur. Savoir relativiser. Savoir que rien ne mène à rien, et que tout mène à tout, ce qui revient au même, car rien n’est jamais joué d’avance. Savoir rire sans faire de bruit, pleurer sans verser de larmes. Intérioriser,  pour mieux extérioriser par la suite. Les sentiments, les émotions, sont un peu comme du vin. Pour la plupart, il vaut mieux les laisser vieillir, ou, au minimum, décanter, avant de les verser. Pour éviter de faire des taches.

 

...et puis, s’apercevoir qu’on en fait tout de même, des taches. Mais elles servent de leçon, et peut-être que sur la toile, elles font moins de dégâts que dans la réalité. Ou peut-être, elles éclaboussent moins. Ou moins durablement. Qui sait ? En tout cas, l’écrit permet aussi de mieux s’exprimer par la suite, si l’on a fait un faux pas, lorsqu’on veut dire qu’on est désolé.

 

Ou irrité, c’est selon.

 

Enfin, moi le blog m’a beaucoup appris, m’a éduqué sur certaines choses. Même si c’est imparfait, incomplet, décalé, virtuel, ou peut-être aussi à cause de cela, c’est une très bonne école des sentiments humains, qui, par définition, sont flous, fluctuants, inconstants, impossibles à cerner avec exactitude.

 

Il n’y a pas de vérité ultime. La vie n’est pas simple. Il n’y a pas de blanc, pas de noir. Il y a des dizaines de façons possibles d’avoir raison, d’avoir tort, dans des nuances de gris. Le gris, justement, c’est ce qui apparaît sur un écran, ou une feuille de papier, après qu’on y ait jeté ces milliers de pattes de mouches que sont les lettres et les mots et les phrases et les textes, qui s’entrelacent tel un filet pour essayer de filtrer ce à quoi nous pouvons croire. Notre vérité à nous, à laquelle nous nous raccrochons.

 

Et puis, cet entraînement permet aussi d’aider les autres.

 

Hier, on a fait mal à mon père, par écrit.

 

Lui, il a toujours préféré s’exprimer par des actes. Mais là, il est démuni. Téléphoner ? Il ne s’en sentait pas la force. Et comme il me demandait mon avis, je lui ai déconseillé de le faire. En ce moment, il vaut mieux qu’il s’économise.

 

Je fourbis mes armes. J’arrive, Papa. La lance de carnaval du chevalier, dont « on » s’est beaucoup moqué, de par le passé, pour une fois, elle va pouvoir t’être utile.

 

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